Université Policière - épisode 2 - 28 août 2012

Déploiement abusif de forces policières, censure des médias et fichage des étudiants ont marqué ce mardi 28 août, le deuxième jour de la rentrée forcée par la loi 12 dont la constitutionnalité est encore à l’étude.  Alors que les étudiants piquetaient leur cours afin de faire respecter leur mandat de grève, la police est intervenue à nouveau à la demande du rectorat et de son recteur Guy Breton. Plusieurs étudiants ont été arrêtés puis relâchés sans chef d’accusation. Les agents de sécurité ont tenté coûte que coûte de censurer à la vue des caméras ce qui se passait au sein de l’université, à savoir, l’habituelle intimidation,  violence et profilage sur les étudiants.

A 11h30, les cours ont été levés dans trois départements : Cinéma, Anthropologie et Histoire de l’Art. Rien concernant Littérature Comparé et CETASE (Centre d’Etudes de l’Asie de l’Est).

Les médias généralistes ont refusé de pénétrer au sein de l’université afin de faire valoir leur liberté de presse et le droit à l’information, préférant attendre durant des heures devant le pavillon Jean Brillant qu’il se passe quelque chose qui puisse faire leur une. Il aura fallu qu’une cinquantaine d’anti-émeutes prenne en souricière des étudiants au sein du pavillon pour qu’ils se décident mollement d’aller « faire leur travail ». Les étudiants ainsi que quelques professeurs, sont restés bloqué plus de 20 minutes dans les escaliers face aux corps policiers armés et leur incompétence : d’une part les policiers du haut sommaient aux étudiants de descendre les escaliers en les poussant alors que ceux du bas les empêchaient de passer.

Tous les cours des départements en grève ont finalement été levés.

Suite à la rentrée de la veille, on pensait que l’administration de l’Université de Montréal allait réagir de façon plus professionnelle et respectueuse à l’égard de ses étudiants et de l’institution. C’est par la peur et des moyens de pression injustifiables au sein d’une université que l’administration a tenté de regler le conflit. Car ce ne sont pas uniquement les étudiants qui ont reconduit le mandat de grève qui se sont retrouvé sous pression policière, mais aussi ceux qui avaient voté le retour en classe, ainsi que de nombreux professeurs. Si comme le déclare le porte-parole du SPVM Ian Laffrenière, qu’un gros contingent du groupe d’intervention a été envoyé parce que « plus il y a de monde, moins la force utilisée est grande », à voir les images de la police qui frappe des étudiants dans leur université on soulève la question du rôle qu’attribue le gouvernement aux universités dans notre société.

« Pas de police dans nos campus ! »

« Guy Breton démission ! »

Date de diffusion : 29 août 2012
Production : Universitv

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