Printemps Durable

Printemps Durable

L’histoire

Depuis sa création en 2010, UniversiTV ou UTV, la télé des étudiant-e-s de l’Université de Montréal, filme et suit le mouvement contre la hausse de frais de scolarité. Au printemps 2012, le petit média estudiantin, autogéré bénévolement, s’implique de plus en plus dans le mouvement de grève et se radicalise. À la manière d’un média communautaire et indépendant, il représente la réalité subjective des étudiant-e-s grévistes, et devient ainsi un acteur et un allié du mouvement, différent des medias généralistes.

L’équipe travaille autour des problématiques de représentation et de réflexion que véhicule une image. Par son style cinématographique prononcé, elle invite le spectateur à s’interroger sur ce qu’il perçoit. Véritable école alternative du documentaire, elle forme à la technique vidéo, produit et diffuse plus de 60 reportages représentant 600 000 vues sur l’ensemble de la grève.

Synopsis

Un an après, des membres d’Universitv en grève, avec l’appui de nouveaux membres, restituent une vision collective de cet engagement, à travers un film documentaire: Printemps Durable. Sous le thème de la politisation et du devoir de mémoire, le film relate les évènements forts ayant eu lieu au printemps 2012 du point de vue des étudiant-es en grève. Un film sans narration additionnelle qui laisse place à la réflexion et ouvre le débat sur ce qu’il reste de cette mobilisation « historique » au Québec. C’est un film entièrement produit en dehors des circuits de production économique, bénévolement et qui est diffusé gratuitement.

Fiche technique

2h08min – Québec – 2013

Licence creative communs (attribution, pas d’usage commercial, usage à l’identique, pour le partage)

Disponible en DVD et copie numérique avec sous-titres anglais et français.

Plus d’infos sur www.printempsdurable.com
Date de diffusion : 22 avril 2013
Production : Universitv

Caravane du MUR (Mexicains Unis pour la Régularisation) du 2 Octobre 2012

Caravane du MUR (Mexicains Unis pour la Régularisation) du 2 Octobre 2012

En 2009, au mois de juillet, le Canada a imposé aux ressortissants mexicains désirant accéder au territoire canadien un visa ayant pour but de limiter la vague d’immigration. Le ministre fédéral de l’immigration, Jason Kenney, a alors justifié l’action de son gouvernement en qualifiant les Mexicains de « faux » réfugiés » abusant du système d’asile canadien. Depuis plusieurs années, un nombre important de Mexicains ont demandé l’asile au Canada, à cause des conditions difficiles qui secouent leur pays, mais les demandes de la majorité de ceux-ci sont refusés et ces individus sont déportés vers le Mexique. Par ailleurs, le gouvernement canadien est sur le point de dévoiler, dans le cadre de sa réforme du système de protection des réfugiés (une loi affichant clairement son idéologie anti-réfugiés) une liste de pays « sûrs », dont les citoyens verront le traitement de la demande d’asile accéléré et n’auront pas droit à la Section d’appel des réfugiés suite à un rejet de leur demande. Ces pays « sûrs » sont, selon le gouvernement conservateur, des démocraties libérales « habituellement non sources de réfugiés », « qui respectent les droits de la personne » et « offrent une protection de l’État ».

Cette description de la réalité mexicaine ne peut être perçue que comme étant complètement déconnectée, et cela à un point tel, que l’on en vient à se demander si elle n’est pas également un regard hypocrite sur le sujet. Le « Global Peace Index », instrument développé par un comité international d’experts et classant les pays selon leur niveau de violence, place le Mexique au 135ème rang sur un total de 153 pays, ce qui en fait un pays plus violent que le Congo et le Rwanda.

En décembre 2006, le gouvernement mexicain a déclaré une « guerre aux narcotrafiquants» en déployant l’armée à travers tout le pays, malgré ses antécédents historiques de violation des droits humains et d’impunité. Plutôt que de contribuer à la diminution de la violence associée au crime organisé, les forces de sécurité ont elles-mêmes commis assassinats, actes de torture, viols et autres abus. Pour la population mexicaine, cette violence s’ajoute aux nombreuses morts de civils pris entre les feux croisés des cartels de la drogue et des forces de sécurité, ainsi qu’à la terreur exercée par les membres du crime organisé à travers l’extorsion, les enlèvements contre rançons, le recrutement forcé, et l’assassinat de quiconque ne se soumet pas à leurs règles. Cette barbarie qui ne cesse de se banaliser caractérise le quotidien cruel du Mexique. En 5 ans, cette guerre meurtrière a fait près de 100 000 morts (dont 1400 enfants), entre 10 000 et 20 000 personnes disparues ainsi que 230 000 personnes déplacées. Le journal Le monde, en août dernier, décrivait en ces termes la situation qui prévaut au Mexique : « Cette véritable hécatombe constitue, et de loin, le conflit le plus meurtrier de la planète au cours des dernières années ».

À cause de l’irresponsabilité du gouvernement canadien et de son refus de reconnaître la violence extrême qui enflamme le Mexique ainsi que l’incapacité de l’État mexicain à protéger ses citoyens, des milliers de mexicains, craignant pour leur vie s’ils devaient retourner dans leur pays d’origine, ont été, sont, ou seront contraints de demeurer ici sans papiers; cela les condamnera à coup sûr à une situation d’extrême vulnérabilité. Les personnes sans papiers sont en effet les plus exploitées sur le marché du travail et parmi les plus vulnérables dans la société en général. Elles sont privées de droits fondamentaux et vivent généralement dans la peur, l’angoisse et l’isolement.

Le gouvernement canadien affirme que les mexicains sont de « faux réfugiés » abusant de la générosité du Canada. Il n’est pourtant pas ici question de générosité mais plutôt d’une responsabilité de la part du Canada d’accueillir les réfugiés mexicains, étant donné que, par ses politiques impérialistes d’intégration néolibérale, il est en partie responsable de la misère, de l’essor de la criminalité et de la violence, des déplacements forcés et de la désintégration sociale qui sévissent au Mexique actuellement.
Date de diffusion : 5 octobre 2012
Production : Universitv